Le Réveil Lozère 13 mai 2020 à 09h00 | Par Magdeleine Barralon

Analyse comparée des différentes modes de conservation de l’herbe

Ensilage, enrubannage, bottelage du foin, séchage en grange… Joris Piroux, conseiller Acsel Ain Saône-et-Loire, spécialiste récolte et ensilage, fait le point et compare les avantages et les inconvénients des différentes méthodes.

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Ensilage, enrubannage, séchage en grange... Mise au point sur les différentes méthodes.
Ensilage, enrubannage, séchage en grange... Mise au point sur les différentes méthodes. - © DR

« Même si cela apparaît comme une évidence, il est bon de rappeler des données de base de la récolte de l’herbe comme les deux options pour conserver l’herbe : une par voie humide avec l’ensilage et l’enrubannage et l’autre par voie sèche pour obtenir du foin », précise Joris Piroux, conseiller à Ain Saône-et-Loire conseil élevage (Acsel). « Dans les régions de production de lait industriel, comme la Bresse, la méthode la plus courante est l’ensilage d’herbe. À noter que ce mode de conservation, tout comme l’enrubannage, est interdit par la filière comté ».

L’ensilage d’herbe
Pour Joris Piroux, l’ensilage d’herbe possède de nombreux atouts. Il permet de récolter des plantes jeunes, riches en azote à un stade de 30 à 40 % de matière sèche. Grâce à l’ensilage, l’éleveur conserve des variétés à grandes feuilles qui sèchent difficilement, comme le ray-grass italien. Le chantier assez rapide ne nécessite pas de larges fenêtres de conditions météo sèches. Dans la ration, le fourrage se présente en brins courts, ainsi les bêtes ne trient pas, ce qui limite les risques d’acidose. L’ensilage disponible en vrac n’entraîne pas de gaspillage, car l’éleveur utilise précisément ce dont il a besoin pour un dosage précis des rations. C’est la méthode par voie humide la plus économique : 100 à 120 € la tonne de matière sèche. C’est aussi elle qui présente les plus hautes valeurs nutritives en azote et énergie. Coté inconvénients, le spécialiste de l’ensilage rappelle que cette méthode demande de l’espace sur l’exploitation pour installer un silo dont la construction représente un investissement à prendre en compte. « L’organisation du chantier nécessite l’aide d’une main-d’œuvre extérieure », soulève Joris Piroux. Il faut aussi mettre en place une certaine logistique (ensileuse, transport) fournie par une Cuma ou une entreprise agricole qui n’est pas sans incidence budgétaire. Le silo qui doit être propre pour l’accueil de l’herbe demande une surveillance constante, surtout en été, afin de limiter l’échauffement, la reprise de fermentation. L’élimination des parties moisies peut représenter un volume conséquent.

 

Article à lire dans le Réveil Lozère n°1560, du 14 mai 2020, en page 10.

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