Le Réveil Lozère 26 août 2021 a 09h00 | Par Le Réveil Lozère en collaboration avec la chambre d'agriculture

Campagne 2020 : de bons résultats techniques malgré la hausse des charges alimentaires

Chaque année, les bilans effectués par les techniciens de la chambre d'agriculture de Lozère, dans les élevages ovins lait suivis, permettent de dresser un panorama de la campagne laitière.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
Chaque année, les bilans effectués par les techniciens de la chambre d'agriculture de Lozère, dans les élevages ovins lait suivis, permettent de dresser un panorama de la campagne laitière.
Chaque année, les bilans effectués par les techniciens de la chambre d'agriculture de Lozère, dans les élevages ovins lait suivis, permettent de dresser un panorama de la campagne laitière. - © DR

La campagne 2020 a été marquée par une forte progression de la collecte sur les cinq premiers mois (d'octobre à février) en lien avec un démarrage toujours plus précoce des lactations et la bonne qualité des fourrages récoltés.
Fin mars, malgré une mise à l'herbe avancée, les conditions de pâturage ont été perturbées par la survenue d'un refroidissement qui a freiné la production. De plus,  les producteurs ont répondu présents à la demande des laiteries de réduire la production au début de la crise sanitaire de Covid-19. Au final, la collecte régionale 2020 est en hausse de 3,5 % et s'établit à 218,5 millions de litres, soit un volume record. La production lozérienne est sur la même tendance et représente 8 % de la production régionale.
En 2020, 85 élevages ont été suivis dans le cadre du contrôle laitier et de l'appui technique proposé par la chambre d'agriculture de Lozère. Pour 71 exploitations, un bilan technique et technico-économique a été réalisé en fin de campagne afin d'évaluer les résultats de l'atelier ovin lait. Ces 71 élevages sont présents sur trois régions naturelles : les Causses, la Margeride et les vallées ou bordures de Causse. 38 exploitations livrent dans le cadre de l'AOP Roquefort (dont six en AB), 20 à Sodiaal Margeride, neuf en Agriculture Biologique (hors AOP Roquefort), trois pour la fromagerie de Hyelzas et une pour la fromagerie la Laoune.
La campagne 2020 est marquée par une progression des résultats techniques. Que ce soit pour les résultats de reproduction ou la productivité laitière, tous les voyants sont au vert.
En moyenne plus de 300 litres ont été produits par brebis traite.
Au cours des 5 dernières années, c'est l'amélioration de la productivité laitière  qui a permis la hausse des volumes livrés. L'effectif moyen fluctue autour de 420 brebis présentes.
Entre 2016 et 2020, la quantité de concentrés distribuée aux brebis progresse fortement, et s'établit à 200 kg de concentrés adultes par brebis présente en 2020. Soit 31 kg de concentrés supplémentaires par brebis par rapport à 2016. Les quantités de fourrages distribuées en intérieur progressent également en lien avec des décalages de périodes de traite toujours plus précoce pour répondre à la demande de l'aval. La part des fourrages achetés varie suivant les années. Les quantités de fourrages achetées en 2020 s'élèvent à environ 85 kg de MS par brebis présente, soit 15% des fourrages distribués. En 2020, les achats de fourrages sont plus conséquents par rapport à la campagne précédente. En effet, les premières coupes de 2019 ont souffert d'un manque d'eau au printemps et de gelées tardives. La canicule estivale a également limité les rendements des coupes suivantes.


Un prix du lait stable
Pour les élevages suivis, que ce soit en conventionnel ou en AB, le prix du lait est stable sur les 5 dernières années.
Pour les élevages en agriculture biologique le prix moyen observé est de 1 319 EUR/1000L  pour la campagne 2020, il était de 1 322 EUR/1000L en 2016.
Le prix du lait conventionnel observé est de 899 EUR/1000L en 2020. Il était de 892 EUR/1000 litres en 2016. Un niveau de prix faible qui s'explique principalement par la faible part du lait valorisé sous signe de qualité (AOP Roquefort), pour le département de la Lozère.  
Par convention, la Marge sur Coût Alimentaire (MCA) est égale au produit lait diminué des charges d'alimentation directes (coût des aliments achetés et des céréales produites sur l'exploitation). Bien corrélée à la marge brute, la MCA permet d'évaluer l'efficacité économique de la conduite du troupeau et de mettre en évidence les marges de progrès sur les deux principaux leviers d'amélioration du résultat que sont la productivité laitière et la maîtrise des charges d'alimentation.
Les bons résultats techniques permettent une progression de la marge sur coût alimentaire : entre 2019 et 2020, la MCA progresse de +9EUR /brebis. Cette évolution favorable s'explique principalement par une augmentation de la production par brebis, dans un contexte de stabilité du prix du lait et de hausse des charges alimentaires.
Cependant, un niveau élevé de cout alimentaire en 2020  a été relevé, quelle que soit la zone, en production AB ou conventionnelle. Il se situe à plus de 40 % pour les élevages en AB et à plus de 30 % pour les élevages de la zone AOP Roquefort et Margeride. Ces dernières années, les producteurs de lait de brebis ont cherché à produire plus dans un contexte dynamique de demande en lait de brebis. Cependant, les aléas climatiques de plus en plus fréquents fragilisent les niveaux d'autonomie de ces systèmes. Et ils deviennent un peu plus dépendants des achats extérieurs dans un contexte économique devenu incertain.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Réveil Lozère se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,

la phrase de la semaine

Nous ne pouvons plus assumer financièrement de payer l’intégralité des dégâts agricole pour tout le territoire, alors qu’il y a des zones où nous ne pouvons pas mettre les pieds

rappelle Willy Schraen, président de la FNC.