Le Réveil Lozère 12 décembre 2021 a 08h00 | Par CR

Contrats, indicateurs de prix, délais... Éleveurs, à vous de proposer vos conditions

La loi Besson-Moreau généralise la contractualisation écrite pluriannuelle de trois ans minimum pour toute vente entre le producteur de viande bovine et chacun de ses premiers acheteurs. Et c'est à l'éleveur de proposer son contrat à l'acheteur.

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La loi Besson-Moreau généralise la contractualisation écrite pluriannuelle de trois ans minimum pour toute vente entre le producteur de viande bovine et chacun de ses premiers acheteurs. Et c'est à l'éleveur de proposer son contrat à l'acheteur.
La loi Besson-Moreau généralise la contractualisation écrite pluriannuelle de trois ans minimum pour toute vente entre le producteur de viande bovine et chacun de ses premiers acheteurs. Et c'est à l'éleveur de proposer son contrat à l'acheteur. - © SC

La Loi Besson-Moreau rend obligatoire la contractualisation écrite pour toute vente de bovins au 1er janvier 2022 en races à viande pour JB, génisses, vaches, et tous les bovins sous signe officiel de qualité ; au 1er juillet 2022 pour les bovins maigres de race à viande (« broutards ») ; et au plus tard au 1er janvier 2023 pour les autres catégories de bovins.
La proposition initiale de contrat doit être présentée par l'éleveur et non par l'acheteur. Elle doit d'autre part être annexée au contrat final signé après négociation. L'éleveur peut contractualiser avec tout type d'acheteur : négociant, abatteur, boucher, distributeur, restauration... et engraisseur dans le cas de vente de bovins à engraisser. L'éleveur peut signer des contrats avec plusieurs acheteurs, y compris pour une même catégorie de bovins. La notion de contrat « producteur-premier acheteur » dans la loi vise l'ensemble des acteurs achetant aux éleveurs, avec une relation contractuelle qui doit respecter des dispositions spécifiques dont l'article 631-24 du Code rural.

Concernant le prix dans le contrat...
La FNB conseille aux éleveurs de choisir la formule du prix dit « déterminable », c'est-à-dire une formule de calcul avec indicateurs et mention des modalités d'actualisation de leur valeur. Nous décrivons ci-après comment peut être élaborée cette formule de calcul et les données d'indicateurs pouvant être utilisés par les éleveurs pour leurs propositions de contrats à des acheteurs. Dans le cas des éleveurs adhérents d'une OP commerciale (Coop), la FNB préconise que les éleveurs adressent des contrats à leur OP, sauf si l'OP leur a fait parvenir toutes les informations qui explicitent le calcul de prix qui sera appliqué pour les différentes catégories de bovins que l'éleveur livrera. En effet à défaut « d'effet similaire » par les informations fournies à l'adhérent, la coopérative n'est pas exonérée d'une relation contractuelle individuelle avec l'adhérent. Si l'OP a réalisé la pleine information des adhérents avec « effet similaire au contrat », c'est à elle de contractualiser avec ses « premiers acheteurs ».

Élaboration de la formule de calcul du prix dans les contrats
Dans le cas d'une option dite de prix « déterminable », conseillée par la FNB, il s'agit de faire figurer au contrat une formule de calcul utilisant des indicateurs (à choisir par l'éleveur dans sa proposition initiale) puis de négocier leur pondération. Ce sera le résultat de l'application de cette formule de calcul qui détermine le prix à chaque enlèvement, en fonction de la valeur actualisée des indicateurs. La loi demande que la formule se base sur un indicateur de coût de production, et précise qu'en outre peuvent être intégrés des indicateurs relatifs aux prix constatés sur les marchés (cotations) et des indicateurs relatifs à la qualité du produit concerné par le contrat.
La formule de calcul final définissant le prix peut ainsi être sous la forme suivante : indicateur de coût de production ×  % de pondération + indicateur de prix de marché (cotations) × % de pondération + selon le cas, indicateur de « valorisation bouchère selon races » sans pondération.
Pour l'indicateur de coût de production, les éleveurs peuvent utiliser les valeurs de référence résultant de l'accord interprofessionnel du 22 mai 2019 établissant la méthode de calcul de prix de revient des vaches, génisses, JB, et broutards, et les modalités d'actualisation. À titre d'illustration, les valeurs du tableau ci-dessus sont celles de l'actualisation diffusée en septembre 2021.
Pour l'indicateur de prix de marché (cotations), les éleveurs peuvent se référer aux valeurs diffusées par FranceAgriMer sur son site internet (www.franceagrimer.fr) et dans les journaux agricoles, concernant les cotations « entrée-abattoir » en bovins finis (déduire les frais d'approche élevage-abattoir) et les cotations « bovins maigres ».
Pour un indicateur de « valorisation bouchère selon races », les éleveurs peuvent, par exemple, utiliser les valeurs observées dans les cotations officielles de FranceAgriMer, afin d'ajouter dans la formule de prix au contrat, une valeur représentative de l'écart de certaines races plus valorisées sur le marché.

Label rouge
Si le contrat concerne des animaux Label Rouge ou sous cahier des charges spécifique, il faut penser à un « indicateur de surcoût » lié aux exigences supplémentaires inscrites dans le cahier des charges. Par exemple, en Label Rouge, l'interprofession a défini un indicateur de surcoût, lié notamment au coût de l'alimentation non-OGM et à la certification, actualisé périodiquement.

Info plus

Par ailleurs, en complément de la formule de calcul qui définit le prix pour « l'animal de référence » du contrat (par exemple, pour un contrat en JB, il peut être choisi la conformation "U-" pour « l'animal de référence de la formule de prix »), il est nécessaire de mentionner une clause relative aux écarts à appliquer pour des classes de conformation différente : conformation supérieure (+ ... cts d'euros par kg carcasse par tiers de classe) ; inférieure (- ... cts d'euros par kg carcasse par tiers de classe).


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