Le Réveil Lozère 31 décembre 2021 a 12h00 | Par Alison Pelotier

Des moyens attendus pour freiner la pénurie de vétérinaires ruraux

Face à une pénurie de vétérinaires spécialisés en animaux d'élevage, la médecine vétérinaire rurale est un enjeu primordial, notamment dans les communes les plus isolées. Représentant moins de 19 % des professionnels inscrits à l'Ordre national des vétérinaires, leur nombre est en baisse constante. Une question qui inquiète la profession vétérinaire, les éleveurs et les acteurs du monde agricole qui les accompagnent.

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Sur les cinq dernières années, le nombre de vétérinaires déclarant une activité pour les animaux de rente est passé de 3 869 en 2016 à 3 155 en 2020, soit une diminution de 715 inscrits (- 18,5 %).
Sur les cinq dernières années, le nombre de vétérinaires déclarant une activité pour les animaux de rente est passé de 3 869 en 2016 à 3 155 en 2020, soit une diminution de 715 inscrits (- 18,5 %). - © istock_-_simonkr

Les derniers chiffres de l'Ordre national des vétérinaires (source : Atlas démographique 2021) le confirment : le nombre de vétérinaires en milieu rural a du mal à se maintenir. Si entre 2019 et 2020 une petite amélioration était visible, sur les cinq dernières années, le nombre de vétérinaires déclarant une activité pour les animaux de rente est passé de 3 869 en 2016 à 3 155 en 2020, soit une diminution de 715 inscrits (- 18,5 %).

Une activité qui n'est plus rentable
Ces chiffres demandent néanmoins une analyse pour être compris et il est assez simple de les vérifier par des témoignages de terrain. « La question du maillage territorial me préoccupe depuis 20 ans », s'exclame Pierre Buisson, ancien président du Syndicat national des vétérinaires libéraux (SNVEL). À la différence des animaux de compagnie, « en milieu rural, les animaux ne viennent pas à nous. Il est impossible de déplacer une vache ou de faire le suivi sanitaire d'un troupeau de brebis à distance. Se rajoutent à cela des conditions de travail difficiles avec des gardes qui peuvent nous amener à intervenir sur une césarienne d'urgence à 3 heures du matin, seul et dans le froid en hiver, ainsi que des temps de déplacement longs entre une intervention dans un élevage et la suivante », précise le vétérinaire exerçant à la clinique des Bulles Vertes à Saint-Galmier (Loire). Dans un contexte économique où « nos actes à la prestation ne paient pas le coût chargé de l'astreinte, sans la médecine vétérinaire canine et féline - et de façon plus large tous les soins destinés aux animaux de compagnie - le modèle est difficile voire impossible à construire. Les cliniques qui font uniquement du rural n'existent presque plus... », analyse-t-il. Des propos confirmés par Benjamin Estienne, délégué régional du syndicat. « Le marché des animaux de compagnie connaît une croissance à deux chiffres. C'est l'activité canine qui nous permet encore de soigner des vaches » confirme-t-il.

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la phrase de la semaine

Grâce aux reports de stock de l’année 2021, la majorité des éleveurs et éleveuses sont sereins pour cet hiver mais sont préoccupés par la possibilité que l’année 2023 puisse ressembler à 2022, auquel cas les bilans fourragers seraient loin de l’équilibre

rapporte la dernière note agro-climatique de l’Idele (Institut de l’élevage), publiée le 17 novembre.