Le Réveil Lozère 16 octobre 2021 a 11h00 | Par Renaud Saint-André

Faire enfin exister le lait de montagne

Hors AOP et IGP, la filière lait de montagne est fragile. Des propositions concrètes autour de trois axes ont vocation à la relancer : appellation commune, cadre fiscal, promotion.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
Le lait de montagne est soumis aux mêmes règles que le lait de plaine, alors qu'il coûte plus cher à produire, à collecter, et que sa qualité est réputée meilleure.
Le lait de montagne est soumis aux mêmes règles que le lait de plaine, alors qu'il coûte plus cher à produire, à collecter, et que sa qualité est réputée meilleure. - © Renaud Saint-André

Non, le lait blanc de montagne n'est pas valorisé. Hormis l'initiative Montlait, rien ne le distingue d'un produit de plaine. Pourtant, sa qualité est indéniable (modèle extensif, 80 % d'herbe...) et son coût de production, lié à des contraintes topographiques, plus élevé d'environ 27 %. Deux bonnes raisons qui font que, si l'on veut maintenir une agriculture sur ces territoires de montagne, il est urgent de revaloriser le produit. Cela concerne deux milliards de litres de lait (auxquels s'ajoute un milliard déjà valorisé, notamment en AOP) et 65 000 emplois directs ou induits. 

Compétitivité, attractivité et valorisation
Le Cniel*, a fait part de son empressement à faire bouger les lignes, lors d'une table ronde organisée sur le Sommet de l'élevage par « France terres de lait », dont la vocation est justement la création et la répartition de valeur. Damien Lacombe, vice-président de l'interprofession, détache trois sujets : la compétitivité, l'attractivité et la valorisation. Trois thèmes dont un groupe parlementaire transpolitique - conduit par le député altiligérien Jean-Pierre Vigier (LR) et la députée des Alpes Pascale Boyer (LREM) - s'est emparé. « C'est un sujet d'aménagement du territoire », affirme l'élu de Haute-Loire, par ailleurs vice-président de l'Anem** et qui se désole du nombre décroissant d'exploitations laitières en montagne. Selon lui, pour faire valoir une différenciation, la solution passera nécessairement par le collectif. Son plan : une certification officielle unique sur tous les massifs ; une volonté politique d'exonération fiscale à l'investissement ; une stratégie transversale d'attractivité du métier qui sort des cours de fermes, comme la couverture numérique, le travail du ou de la conjointe, etc. En écho avec la loi Égalim 2, Jean-Pierre Vigier précise que « jouer collectif » signifie aussi une redistribution juste et équitable de la plus-value.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Réveil Lozère se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,

la phrase de la semaine

La tentation d’arrêter l’élevage n’est plus taboue

Écrivent les présidents de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne dans une longue lettre ouverte rendue publique le 26 novembre et adressée au ministre de l’Agriculture et aux élus de la région.