Le Réveil Lozère 24 février 2021 a 11h00 | Par Marion Ghibaudo

L’accompagnement des agriculteurs en difficulté, un moteur de la chambre d’agriculture

De nombreux dispositifs existent pour aider les agriculteurs en difficulté, que ce soit au niveau de leurs troupeaux ou de la direction de leurs exploitations.

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De nombreux dispositifs existent pour aider les agriculteurs en difficulté, que ce soit au niveau de leurs troupeaux ou de la direction de leurs exploitations.
De nombreux dispositifs existent pour aider les agriculteurs en difficulté, que ce soit au niveau de leurs troupeaux ou de la direction de leurs exploitations. - © Lise Monteillet/Illustration

La découverte la semaine dernière d’un charnier d’animaux dans une ferme de la Maxanne illustre bien ce mal-être des agriculteurs, difficile à vivre pour certains et qui peut se conclure de façon dramatique. La nouvelle ayant fait le tour des chaînes d’informations, le Réveil Lozère ne s’appesantira pas sur la découverte macabre.
L’agriculteur était « à bout », selon les informations de nos confrères de l’AFP qui ont dévoilé l’affaire, et il a laissé ses bêtes pour se réfugier dans sa famille. « L’éleveur, quadragénaire, était apparemment en grande souffrance psychologique, seul, sans grand soutien », selon la description du procureur de la république à Mende, Vincent Blériot donnée à nos confrères de l’AFP.
C’est pour éviter ce type de sombre conclusion que des services d’écoute et de soutien ont été créés dans les chambres d’agriculture, en partenariat notamment avec les conseils départementaux et la MSA.

Le bien-être animal pour toucher l’éleveur
« À la chambre, nous avons deux volets que nous travaillons avec nos partenaires », explique Luc Sarrouy, chef de service élevage et responsable EdE à la chambre d’agriculture de Lozère.
Pour épauler correctement les éleveurs en souffrance, la chambre d’agriculture et ses partenaires (MSA, département de la Lozère, etc.) se sont rapidement rendu compte qu’il fallait se préoccuper à la fois de l’élevage dans sa dimension de bien-être animal et de l’exploitation dans sa dimension d’entreprise.
« Au niveau de l’EdE, nous avons mis en place un suivi qualité dans les élevages depuis plusieurs années, détaille Luc Sarrouy, étendu cette année aux petits ruminants ». Ce suivi qualité est fait sur des élevages tirés au sort et dans des élevages que le service a repérés à partir d’extraction de données et suivant des critères précis, majoritairement sur une année (des notifications soudainement hors dates réglementaires, un taux de mortalité qui augmente subitement, etc.).
Lorsque la somme de ces critères dessine une situation qui pourrait être inquiétante, l’EdE prend contact avec les éleveurs et leur propose une intervention terrain, « pendant laquelle on va repasser sur la réglementation et l’identification des animaux », explique Luc Sarrouy. Une manière de prendre contact avec l’éleveur pour vérifier ce qui se passe, se confronter aux difficultés auxquelles l’éleveur fait face et l’aider à régulariser sa situation au besoin.

Les parlementaires se sont emparés du mal-être des agriculteurs

Le mal-être des agriculteurs est un sujet qui intéresse au plus haut niveau de l’exécutif : le 2 décembre 2020, le député du Lot-et-Garonne Olivier Damaisin a remis au ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, son rapport portant « sur l’identification et l’accompagnement des agriculteurs en difficulté et prévention du suicide ». « Il y a un an de ça, une rumeur a enflé autour du nombre de suicides en agriculture par jour, et je me suis dit qu’il était problématique que nous n’ayons pas fait de travail de fond sur le sujet ; il n’y a pas de statistiques sur le sujet », explique Olivier Damaisin de sa démarche. Au même moment sort au cinéma le film d’Édouard Bergeron, qui a « aidé à briser un tabou autour de ça », note le député. Ce rapport décrit 29 propositions pour renforcer les dispositifs existants et les rendre plus réactifs.

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Les céréales, une denrée de base qui occupe près de 65 % de la surface cultivée de l’UE et qui est principalement utilisée pour l’alimentation animale, est la culture la plus sévèrement touchée. Nous avons notamment constaté que pour chaque année marquée par un épisode de sécheresse, les pertes de céréales augmentent de 3 %

a indiqué Teresa Bras, de la Nova School of Science and Technology de Lisbonne.