Le Réveil Lozère 23 décembre 2019 a 15h00 | Par Sophie Chatenet

« Les flexitariens sont les consommateurs de demain »

Sociologue et co-fondatrice de l’observatoire « Société et consommation » (Obsoco), Nathalie Damery pose un regard juste sur les liens qui unissent élevage et société.

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Historiquement, qu’est-ce qui a conduit à la modification de la perception de l’élevage par les consommateurs ?
Dans les années soixante-soixante-dix, nous avons assisté à un pic de la consommation de viande. Les années quatre-vingt marquent un tournant important où l’on assiste à un léger déclin. La société se féminise, le rapport à l’alimentation change. Pour alléger la double journée des femmes, l’offre de l’agroalimentaire évolue avec de plus en plus de plats cuisinés, faisant la part belle aux aliments mélangés, la viande devient de plus en plus euphémisée. Ce phénomène dépasse l’assiette, en modifiant la perception de l’élevage, altérant le lien entre le consommateur et le monde paysan. À titre d’exemple, c’est à ce moment-là que sont apparus les poissons carrés. L’industrialisation de l’alimentation a contribué à ce phénomène de défiance. L’industrie a toujours été contestée avec de vastes mouvements sociaux, celle de la viande n’y a pas échappé.

L’argument économique pèse-t-il dans l’acte d’achat de la viande bovine ?
Il y a un phénomène de réallocation du pouvoir d’achat. Autrement dit, les consommateurs sont plus critiques à l’égard du prix des fruits, des légumes, de la viande, qu’à celui des smartphones. Pour autant, le sentiment de cherté de la viande est réel.

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Les céréales, une denrée de base qui occupe près de 65 % de la surface cultivée de l’UE et qui est principalement utilisée pour l’alimentation animale, est la culture la plus sévèrement touchée. Nous avons notamment constaté que pour chaque année marquée par un épisode de sécheresse, les pertes de céréales augmentent de 3 %

a indiqué Teresa Bras, de la Nova School of Science and Technology de Lisbonne.