Le Réveil Lozère 28 juillet 2021 a 16h00 | Par Marion Ghibaudo

Les retenues collinaires au programme du conseil fédéral

Mardi 27 juillet, sur l'exploitation de Yannick Charbonnier au lieu-dit Chausserans, a eu lieu le conseil fédéral regroupant les syndicats FDSEA et JA. Le thème des débats de cette année a tourné autour des retenues collinaires.

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Philippe Boulet, Philippe Jougla, Yannick Charbonnier, Vincent Bonnet et Jean-Fraçois Maurin (de gauche à droite).
Philippe Boulet, Philippe Jougla, Yannick Charbonnier, Vincent Bonnet et Jean-Fraçois Maurin (de gauche à droite). - © Marion Ghibaudo

Pour évoquer cet important sujet pour l'agriculture de demain, les deux syndicats avaient invité Philippe Boulet, animateur de l'Astaf et de la Safer Occitanie et Philippe Jougla, président de la FRSEA Occitanie et chargé du thème de l'eau au sein de la FNSEA. « L'agriculture est victime du changement climatique, a pointé Jean-François Maurin président de la FDSEA et les retenues collinaire sont un moyen d'atténuer ces changements ».
Parler de retenues collinaire a donc semblé un thème important à aborder lors du conseil fédéral de 2021 (l'an dernier, la Pac était à l'ordre du jour, et en 2019, le loup était le sujet retenu).
« Sur les quinze dernières années, nous avons eu des sécheresses précoces ou tardives », a pointé Vincent Bonnet, président des JA de Lozère. Un manque d'eau au moment où il y en aurait besoin qui impacte les rendements.
« Cependant, a prévenu Philippe Boulet, les retenues collinaires ne peuvent pas être implantées partout », pour des raisons techniques notamment. « Yannick Charbonnier construisant sa retenue collinaire, il nous a paru évident de l'évoquer avec lui lors de ce conseil, pour comparer les avantages et inconvénients d'un tel projet, ainsi que son coût ».
Pour Yannick Charbonnier, la retenue collinaire qu'il fait construire et qui devrait être prête pour fin septembre 2021 (les discussions autour du sujet ont démarré en 2017, selon l'agriculteur) aura coûté près de 500 000 euros - un montant partiellement subventionné par des aides fournies par le département de la Lozère, de la région Occitanie et de l'Europe (représentant un apport d'environ 30 % du coût final). La retenue pourra accueillir 25 000 m3 d'eau, ce qui permettrait l'irrigation de 25 hectares de cultures.
Si les travaux avancent bien, le site choisi a aussi apporté des obstacles : les intempéries des derniers temps ont ralenti le chantier. « Ils ont avancé sur la digue, donc on a bon espoir que tout se termine rapidement, même s'il y a eu beaucoup de travaux de préparation », a noté Yannick Charbonnier.

Yannick Charbonnier, l'agriculteur qui fait construire sa retenue collinaire.
Yannick Charbonnier, l'agriculteur qui fait construire sa retenue collinaire. - © Marion Ghibaudo

Yannick Charbonnier, la retenue collinaire pour l'autonomie


Éleveur de brebis laitières, Yannick Charbonnier est installé depuis 2001 sur l'exploitation familiale. Ses parents avaient lancé la conversion en bio de la ferme en 1993.
Sur ses 240 hectares, il cultive de la luzerne, des céréales et du maïs non irrigué, pour nourrir ses 800 brebis et 50 béliers. « D'année en année, depuis 2010, on constate des sécheresses, ce qui a entraîné des achats de fourrage », explique Yannick Charbonnier. L'agriculteur voit cette retenue collinaire, dont les travaux ont démarré en 2021, comme « un moyen pour atteindre l'autonomie fourragère et éviter les achats de fourrage ».

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la phrase de la semaine

Nous ne pouvons plus assumer financièrement de payer l’intégralité des dégâts agricole pour tout le territoire, alors qu’il y a des zones où nous ne pouvons pas mettre les pieds

rappelle Willy Schraen, président de la FNC.