Le Réveil Lozère 18 mars 2022 a 08h00 | Par Anthony UIJTTEWAAL, Arvalis-institut du végétal

Réussir ses ensilages d'herbe

Pour une récolte des prairies sous forme d'ensilage, voici quelques recommandations de conduite des chantiers, de la fauche à la mise en silo.

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Pour une récolte des prairies sous forme d'ensilage, voici quelques recommandations de conduite des chantiers, de la fauche à la mise en silo.
Pour une récolte des prairies sous forme d'ensilage, voici quelques recommandations de conduite des chantiers, de la fauche à la mise en silo. - © F. d'Alteroche

L'objectif de toute chaîne de récolte est d'atteindre une teneur en matière sèche optimale en un minimum de temps pour préserver au mieux les qualités du fourrage. Pour ce faire, il importe tout d'abord de respecter quelques fondamentaux au moment de la fauche. Intervenir en fin de rosée pour ne pas piéger d'eau dans le fourrage. Bien qu'il s'agisse « d'eau libre », elle peine à s'évacuer dans des andains bien fournis et freine le séchage. Faucher à une hauteur régulière, préférentiellement à 7-8 cm. Ceci facilite le séchage par circulation d'air sous l'andain tout en l'isolant des éventuelles reprises d'humidité et contamination en terre par le sol. Pour les prairies non détruites après la récolte, le maintien d'une surface verte minimale assure un redémarrage plus rapide.

Faucheuses : à chacune ses avantages et inconvénients
L'utilisation d'une faucheuse-conditionneuse a l'avantage d'enchaîner trois opérations en une (fauche, conditionnement et mise en andains). La reprise directe des andains par le pick-up de l'ensileuse est alors possible. Dans ces situations, il est intéressant d'élargir les andains pour profiter d'une surface d'exposition plus importante tout en restant compatible avec la largeur du pick-up de l'ensileuse. Mais les andains resteront « étroits » (30 à 40 % de la surface fauchée). D'autres matériels permettent un étalement large du fourrage sitôt après la fauche (80 à 90 % de la surface fauchée), synonyme de vitesse de séchage accrue. C'est le cas des faucheuses classiques à plat et des conditionneuses munies d'un système d'éparpillement large. Mais avec ces équipements, rouler sur le fourrage est quasiment inévitable car l'andain produit est plus large que la voie du tracteur. Ceci augmente le risque d'incorporation de terres - et donc de butyriques - en plaquant le fourrage au sol et rend plus difficile la récupération du fourrage lors de l'andainage. En éparpillement large, seule la combinaison d'un module frontal avec un ou deux modules latéraux évite ce problème. Avec les faucheuses à plat, l'utilisation des cônes, roues à andain ou disques d'andainage permet de diviser l'andain principal en deux. Il est alors possible d'enjamber le fourrage lors du passage ultérieur tout en maximisant la surface d'exposition. Les différents types de faucheuses ne sont pas non plus équivalents du point de vue des pertes mécaniques. En légumineuses pures, les faucheuses classiques sans conditionneur ou les faucheuses-conditionneuses à rouleaux (fer ou plastique) se révèlent très adaptées. Les pertes n'excèdent jamais 4 % de la biomasse initiale. En revanche, par leur action mécanique beaucoup plus agressive, les conditionneuses à fléaux engendrent des pertes de 6 à 10 % de la biomasse, en détachant les feuilles. S'il s'agit du seul matériel disponible, il faut réduire l'agressivité en utilisant les réglages disponibles (effacement des peignes, écartement de la tôle située à l'aplomb du conditionneur, réduction de la vitesse du conditionneur).

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J’ai singulièrement envie d’avancer sur le dossier des haies

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