Le Réveil Lozère 07 octobre 2020 à 09h00 | Par Bérangère Carel

Sécuriser les fourrages : le défi de l’élevage face au climat

Innov’action est un événement annuel organisé par les chambres d’agriculture sur le territoire national. Lundi 28 septembre, une quinzaine d’agriculteurs s’est ainsi retrouvée au Gaec du Banou, à Pruines, autour du thème de l’adaptation au changement climatique.

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Visite d’une parcelle de sorgho grain au Gaec du Banou à l’occasion des échanges sur l’adaptation au changement climatique.
Visite d’une parcelle de sorgho grain au Gaec du Banou à l’occasion des échanges sur l’adaptation au changement climatique. - © Bérangère Carel

« Un grand merci à Marie-Amélie et Lionel Viargues de nous accueillir chez eux pour ce temps de réflexion collective sur l’enjeu que représente le changement climatique. C’est bien par le partage d’expériences que nous nous adapterons à ce nouveau défi, comme l’agriculture a toujours su le faire ! », a introduit Anthony Quintard, responsable professionnel du pôle agronomie de la chambre d’agriculture. S’en est suivie une présentation de la démarche AP3C (adaptation des pratiques culturales au changement climatique). Ce projet de recherche et développement est piloté à l’échelle du Massif Central par le Sidam et implique les chambres d’agriculture départementales ainsi que l’Institut de l’élevage.
Benoit Delmas, conseiller références, a présenté les projections en matière d’évolution du climat, modélisées au sein de l’AP3C sur la base de données locales. Cette méthode donne des indicateurs qui définissent la tendance climatique jusqu’en 2050. Les résultats montrent un réchauffement de 1,7 °C à 1,8°C en 2050, marqué au printemps avec +2,5°C, ainsi qu’une augmentation considérable du nombre de jours supérieurs à 30°C. La pluviométrie tend à légèrement diminuer, mais va surtout se répartir différemment avec un décalage sur la fin d’été et le début d’automne, au détriment du printemps. « On se rapproche ainsi du climat méditerranéen », commente Benoit Delmas. Ces modifications climatiques ont forcément un impact sur l’élevage. Pour exemple, les dates de mise à l’herbe et de récolte des fourrages commencent déjà à avancer significativement. De plus, le risque d’échaudage sur les céréales se fait de plus en plus présent, surtout sur les variétés tardives.
Pour conclure, la chambre d’agriculture a rappelé les deux leviers d’adaptation : optimiser les besoins du troupeau, si possible, et surtout adapter l’offre fourragère en la sécurisant et la diversifiant. Muriel Six et Sandra Frayssinhes, conseillères en agronomie, ont d’ailleurs présenté des essais d’association de légumineuses tropicales avec du maïs, ainsi que des résultats de cultures de Teff Grass, graminée venue d’Ethiopie, résistante au stress hydrique et aux fortes chaleurs.

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