Le Réveil Lozère 25 février 2022 a 09h00 | Par Marion Ghibaudo

Un atelier de transformation en recherche d'avenir

Guillaume Trioulier, paysan installé à Brugeyrolles, souhaite transmettre l’atelier de transformation, qu’il a construit sur sa ferme, à de nouveaux acteurs.

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Guillaume Trioulier, paysan installé à Brugeyrolles, souhaite transmettre l’atelier de transformation, qu’il a construit sur sa ferme, à de nouveaux acteurs.
Guillaume Trioulier, paysan installé à Brugeyrolles, souhaite transmettre l’atelier de transformation, qu’il a construit sur sa ferme, à de nouveaux acteurs. - © Marion Ghibaudo

L’atelier de transformation de Guillaume Trioulier a fait partie de son projet d’installation dès le départ. «Je me suis installé en 2006, avec un atelier de transformation pour élaborer mes produits avec du porc plein air, des bovins et même des cervidés pour les fêtes », a détaillé l’agriculteur.

S’il souhaite aujourd’hui passer la main sur cette partie de son exploitation, c’est parce que l’agriculteur a décidé de changer ses plans d’avenir et de passer d’une exploitation d’élevage à une exploitation plus végétale (céréalière). « Dans mon atelier je transformais 75 porcs, 5 gros bovins et 6/7 cervidés par an, mais on peut en transformer beaucoup plus selon le personnel et les horaires engagés. C’est vraiment pour faire de la transformation artisanale en filière viande ou végétale», pointe Guillaume Trioulier. Tout équipé sur une surface de 200 m2, l’atelier a par ailleurs été conçu pour répondre à l’agrément sanitaire CE.

Avec le changement de cap de son exploitation, l’agriculteur voudrait donc louer son atelier à des agriculteurs et d'autres acteurs du secteur agroalimentaire local intéressés, pour que cet outil ne soit pas laissé à l'abandon. «Je pense que le plus facile serait qu’un groupement de producteurs prenne ma suite, note Guillaume Trioulier,  cela permettrait de mutualiser les moyens pour une meilleure gestion de l'atelier ». Et l’agriculteur sait de quoi il parle, puisqu’il a, durant de nombreuses années, mené seul toutes les opérations relatives à son atelier : découpe, transformation et vente. «J’ai été 10 ans en exploitant individuel, et j’étais très satisfait de pouvoir maîtriser ma production du début à la fin », sourit l’agriculteur. Après 15 ans de labeur intense sur son exploitation, Guillaume Trioulier a décidé de remettre en question son mode de production. «Je me suis aperçu que je ne voulais plus de cette vie». À brève échéance, ses élevages de cochons et de cervidés vont donc disparaître, et il ne compte garder «qu’une dizaine de vaches Aubrac pour les pâtures ». Le reste de ses 150 hectares sera donc dévolu aux productions végétales, en bio.

Sa réflexion a débuté il y a près d’un an : Guillaume Trioulier a commencé par en parler autour de lui, a pris contact avec les acteurs locaux concernés pour construire un projet autour de cet atelier. «L’abattoir de Langogne s’est montré intéressé, mais l’endroit est trop petit et inadapté pour eux», a noté l’agriculteur. «Je souhaite vraiment que des personnes s’emparent de cet outil pour le développer et le pérenniser. C’est un dispositif que je crois important pour le développement de notre territoire et la consolidation du maillage de petits producteurs. Ainsi,  ils pourront avoir de quoi transformer sur place, sans devoir aller jusqu’à Florac», souligne Guillaume Trioulier.

Plus de végétal à Langogne

«Mon objectif va être de vendre du fourrage, des céréales », détaille l’agriculteur. En céréales, ce sera principalement de l'orge de brasserie et du blé meunier qui seront plantés : «j’ai des partenariats possibles avec des boulangers qui cherchaient à créer leurs propres productions », explique Guillaume Trioulier. Enfin, pour l’orge, un autre partenariat est en création entre la ferme et la brasserie de Rocles : il leur fournirait donc une partie de l’orge nécessaire à la fabrication de leurs bières Bio après maltage.

Désormais, Guillaume Trioulier souhaite se consacrer à de nouveaux modes de productions, pour «trouver une redynamisation des parcelles et surtout des sols de celles-ci». Litière forestière fermentée et son concentré de micro-organismes, prairies à flores variées, agroforesterie, etc. : la transformation de son exploitation s’accompagne d’une réflexion sur son mode de production. Un mode de production qui doit évoluer pour faire face aux changements climatiques actuels et avoir un plus faible impact environnemental.

Modalités de location et d’organisation à définir avec les producteurs intéressés. Pour toute
personne intéressée, contacter le 07 55 61 44 20 ou atc.langogne@gmail.com

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