Le Réveil Lozère 27 janvier 2021 a 09h00 | Par Sophie Chatenet

« Un peu plus de fumier et de lisier, c'est une sécurité financière et agronomique »

À Lorlanges, en Haute-Loire, Julien Bard et ses deux associés croient en la production porcine. À la veille de réaliser deux nouveaux bâtiments, ils témoignent de l'intérêt agronomique de faire cohabiter production bovine et porcine.

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Julien Bard est installé avec son oncle et son cousin sur la commune de Lorlanges.
Julien Bard est installé avec son oncle et son cousin sur la commune de Lorlanges. - © SC

Au Gaec Clamonet, les engins de chantier ne vont pas tarder à débarquer pour concrétiser un projet mûri depuis deux ans par les trois associés : Julien Bard, son oncle Serge et son cousin Sylvain. Le bâtiment porcin de 90 truies (système naisseur-engraisseur-multiplicateur), sorti de terre en 2007 lors de l'installation de Julien, va en effet bientôt être complété par deux autres bâtiments de part et d'autre pour accueillir au total 210 truies. Un bâtiment sera dédié aux truies sur caillebotis, et un second à l'engraissement sur paille*. Coût de l'investissement : un million d'euros, autant dire que Julien vit des nuits agitées en ce moment. « Même si nous allons bénéficier d'environ 300 000 euros d'aides, à travers le PCAE, le fonds de développement régional porcin, et un coup de pouce du groupement, c'est un investissement conséquent », témoigne le jeune homme. Dans ce territoire de moyenne montagne, si la production porcine tenait historiquement une place de choix dans des systèmes complémentaires bovins-porcins, force est de constater que ce modèle a été abandonné par la plupart des exploitants de la zone. Il n'est pourtant pas dénué de sens, d'un point de vue social, en maintenant des actifs nombreux sur le territoire, au niveau économique en assurant un revenu non négligeable, et agronomiquement en fournissant un amendement aux prairies particulièrement fertile.
Chez les Bard, on produit ainsi du lait de vache et de la viande de porc depuis trois générations. Aujourd'hui, l'exploitation compte 120 hectares de SAU dont 40 hectares de céréales (blé et orge) ; 12 hectares de maïs ensilage ; et le reste en prairies permanentes et temporaires. Au pré, le même ballet rythme les saisons. « Depuis que nous avons réhabilité l'atelier porcin, nous ne travaillons pratiquement plus qu'avec du lisier. Nous utilisons l'engrais minéral seulement sur les surfaces non épandables et de l'azote sur les céréales ».

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la phrase de la semaine

Nous ne pouvons plus assumer financièrement de payer l’intégralité des dégâts agricole pour tout le territoire, alors qu’il y a des zones où nous ne pouvons pas mettre les pieds

rappelle Willy Schraen, président de la FNC.